Il fait un temps pour s’attarder, dans le silence se retirer.
S’asseoir sans attendre pour attendre, tranquille immobile se détendre.
Devenir voyage, paysage, ciel d’azur, plume, nuage,
Immobile dans l’engrenage, qui se hâte le surmenage.
Quatre à quatre arrêter, le temps l’élan pour inventer.
L’envers de soi et le recoudre, à l’endroit sans se découdre.
Retrouver l’enfant en soi, le guérir, le prendre dans ses bras,
Déposer les armes attraper, un ballon à soi s’accrocher.
Il fait un temps de pâquerettes, aimer beaucoup, à la folie
Ouvrir les portes, les fenêtres, laisser entrer fougue et magie.
Immobile, minuscule, dans la foule des majuscules,
Inventer l’infiniment, se perdre se trouver en dedans.
Ignorer la semaine qui passe, rester un Dimanche qui embrasse,
Laisser filer des bouts de soi, au fil de l’eau, tendre les bras.
Propager rêves et pensées, au pied des arbres les arroser,
Défroisser peines et regrets, laisser la paix les rassurer.
Il fait un temps à naviguer, sans boussole, les yeux fermés.
Mettre les voiles ne rien chercher, juste tracer ronds et vallées,
Immobile se plonger, dans le plaisir se réfugier.
Il fait un temps pour dire non, pour ne pas plaire sans affront.
Pour taire les « Je dois » les « Il faut », Rester allonger sur le dos,
Immobile, contempler, les grands trous d’ombre les refermer,
En soi, ne plus être regardé, se laisser toucher, transpercer.
Il fait un temps, idéal, pour ne plus craindre ce qui fait mal,
Laisser le soir, le monde gronder, ne plus l’écouter s’agiter.
Immobile pour se poser, tous les pourquoi sans plus tenter,
D’y répondre, se torturer, laisser aller, accepter.
D’être fragile, vulnérable, se montrer humble honorable.
Se satisfaire de respirer, en toute légitimité,
En toute légitimité.
Il fait un temps à slalomer, faire demi-tour, hésiter,
Entre le salé et le sucré, baisser les masques, se respecter.
Immobile, retrouver, le rose aux joues la légèreté,
L’insouciance la naïveté, sous une lune étoilée.
Il fait un temps à ramasser, les feuilles d’automne, s’enchanter,
De la grisaille s’enlainer, dans des écharpes floconnées.
Immobile, écrire sa vie, le temps qui passe, ses envies,
Sans parenthèse, sans penser gâcher le papier se confier.
Il fait un temps à n’rien rater, à tout saisir rien oublier,
De faire oser sans se freiner, aimer les choses les autres marcher.
Un temps pour résister au vent, sans un effort sans grand tourment.
Immobile prendre le temps, un rendez-vous tout simplement.
Un rendez-vous tout simplement !